Valentin 14

Une écoute bienveillante

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Jeudi 24 janvier 2019

Après le cours de français, cet après-midi, Madame Cochennet m’a demandé de rester pour effacer le tableau. En fait, c’était pour me parler du mot que je lui avais laissé. Au début, je ne savais pas trop comment lui expliquer et j’ai d’abord dit que je ne voulais pas avoir de problème et que je ne voulais surtout pas que mes camarades sachent que j’étais allé à la voir pour ça. Elle dit que je pouvais lui faire confiance, qu’elle était là pour m’aider et ensuite voir ce qu’elle pourrait faire ou pas. Alors, je lui ai tout raconté sur Thomas et son grand-frère et leur groupe de copains qui tyrannisent tout le monde, qui crachent sur ceux qu’ils n’aiment pas, Thomas qui met ses chewing-gums dans les cheveux des filles et sur les serrures des casiers et tout le reste. Que c’était des brimades et des humiliations tous les jours depuis la rentrée. Je lui ai dit que j’avais mal au ventre tous les matins avant d’aller au collège et que je faisais même des cauchemars où Thomas me poursuivait dans les couloirs et où je pouvais pas me cacher car toutes les classes étaient fermées. Quand j’ai eu fini, j’avais envie de pleurer et j’avais le cœur qui battait très fort.


Elle m’a dit que si je voulais pleurer, ce n’était pas grave et qu’elle ne le dirait à personne et elle m’a donné un mouchoir au cas où. C’est vrai que je commençais à avoir le nez qui coule et des larmes qui me piquaient les yeux mais j’ai réussi à me retenir.


              Après elle m’a dit que tout ça s’appelait du harcèlement et que c’était très grave. Elle va devoir en parler avec le CPE et le principal et appeler mes parents pour leur en parler. Ensuite, elle m’a expliqué que le collège devrait faire une enquête mais qu’elle allait tout faire pour que ça s’arrête. En partant, elle m’a dit que j’étais très courageux et que je pouvais être fier d’être venu la voir.


Vendredi 25 janvier 2019

Amandine, Laurent et Bruno m’ont demandé pourquoi Madame Cochennet m’avait demandé de rester après le cours d’hier après-midi parce que ça avait duré longtemps juste pour effacer le tableau et ils n’avaient pas pu m’attendre pour aller acheter un goûter ensemble. Je lui ai expliqué qu’il fallait faire quelque chose pour que Thomas et les grands de la bande de son frère arrêtent de nous insulter et de casser nos affaires. Amandine a trouvé que j’avais eu du courage mais Laurent et Bruno n’étaient pas très contents. Ils ont peur que ça nous retombe dessus et j’ai peur qu’il ne me fasse la tête. Mais je leur expliqué que Madame Cochennet m’avait promis de pas dire à tout le monde que c’était moi qui lui avait tout raconté et qu’elle m’avait dit que le harcèlement était très grave et qu’il fallait être un peu patient encore mais qu’elle allait tout faire pour que ça s’arrête parce que ce n’était pas normal.


J’espère que ça va aller maintenant.


Vendredi 15 février

En sortant du collège, il y avait ma maman devant la grille. En fait, elle avait rendez-vous avec le principal, le CPE, l’infirmière, Madame Cochennet et Monsieur Fuchs, le prof principal de la classe de Nicolas et il fallait que je vienne aussi. C’était pour parler de Thomas et toute sa bande. Moi, j’avais cru que Madame Cochennet n’avait rien fait. Mais en fait, on m’a expliqué que le principal avait dû faire une enquête mais que, maintenant, il savait à quoi s’en tenir et qu’il allait prendre des mesures. Au début, j’ai eu trop peur qu’on me donne des heures de colle ou qu’on dise à ma mère que j’étais un menteur. Mais, pas du tout ! En fait, il nous a dit qu’il avait pris ce que Madame Cochennet lui avait raconté très au sérieux et que je n’étais pas le seul à avoir été malmené par ces élèves. Il nous a dit que tous leurs parents avaient été convoqués et que nos harceleurs étaient exclus à partir de lundi. J’en revenais pas ! Ma maman m’a serré très fort contre elle et en rentrant à la maison, elle m’a fait un grand chocolat chaud avec du miel comme quand je suis un peu malade et elle s’est assise avec moi pour parler.


Elle m’a demandé pourquoi je ne lui avais rien dit. Alors je lui ai dit que je ne voulais pas l’inquiéter car elle avait plein de travail. Elle m’a fait un gros câlin et elle m’a demandé ce qu’elle pouvait faire pour me faire plaisir et que je me sente mieux. Je lui ai demandé qu’elle ne fasse plus jamais de brocolis et on a un peu rigolé. Ensuite elle m’a embrassé en disant encore qu’elle s’en voulait de ne rien avoir remarqué. Et puis, elle m’a dit que si je faisais autant de cauchemars et que était si angoissé, elle allait m’emmener chez un pédospyc pédopsikia un docteur qui va m’aider à aller mieux.

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scénario par

Elsa, Stanislas, Floriane, Amandine, Marie-Anaïs, Emma

avec le soutien de

Citoyenneté Active Lorraine

mise en texte

Apolline Marie HUIN

illustrations

Franck THOUVENOT