Léo 3

Et s’il entrait dans la salle de danse ?

1/1

Le lundi soir, parvenu au centre périscolaire comme à son habitude après être rentré du collège, il hésite quelques minutes devant la porte de la salle menant au sous-sol aménagé afin d’accueillir les cours de danse classique grâce à tout un mur de miroirs et à un parquet. Il aperçoit son meilleur ami Kylian sur le point d’entrer dans le complexe et cela le décide à ouvrir la porte sur laquelle est affichée une reproduction de « La Classe de danse » d’Edgar Degas ainsi que les horaires des cours de danses et gymnastique. Il dévale les escaliers jusqu’à l’étage inférieur : il ne se sent pas prêt à affronter le regard de son ami féru de foot et souvent moqueur. Il sera toujours temps de lui parler de sa passion naissante s’il décide de s’inscrire à l’activité. Avec un sentiment mêlé de gêne et d’impatience, il frappe à la porte de la salle dévolue aux cours de danse. Les apprenties ballerines ne sont pas encore arrivées car le cours ne débute qu’une demi-heure plus tard et il peut donc sereinement rencontrer Pauline qui enseigne l’art du ballet classique. Pauline est une jeune femme souriante, toujours coiffée d’un chignon serré. Svelte et délicate, le moindre de ses gestes donne l’impression qu’elle danse. Léo est très impressionné et bafouille un peu avant de trouver ses mots et de lui expliquer qu’il veut de tout son cœur essayer la danse classique et qu’il souhaite au moins assister à cette séance si elle le lui permet.


Pauline est ravie de son initiative et lui répond qu’il peut aller se changer dans le vestiaire des garçons et revenir pour suivre le cours. Comme il n’a pas encore de chaussons de danse, elle lui assure qu’il pourra danser pieds nus. Emu, il se change en se demandant tout de même si tout cela est une bonne idée. Puis il se replonge dans les scènes du film découvert deux jours plus tôt et se dit que si le jeune héros de l’histoire a eu la témérité de s’y essayer, alors que sa vie était beaucoup dure que la sienne, il devait trouver en lui la force nécessaire pour oser prendre cette première leçon. Anaïs, sa petite voisine, devrait être là, pensée qui termine de l’encourager. Aussi, après une profonde inspiration, il entre dans la salle et… se retrouve face à une quinzaine d’adolescentes qui cessent alors leurs discussions animées pour le regarder d’air interrogateur, voire courroucé : Que vient donc faire un garçon dans cette salle, alors que le cours ne va pas tarder à commencer ?! Cherchant Anaïs du regard, il remarque avec désarroi qu’elle n’est pas là ce soir-là. Il ne pourra pas compter sur sa bienveillance alors qu’il se sent dévisagé avec mécontentement par la plupart des ballerines tandis que d’autres choisissent de ne pas lui accorder la moindre attention.


Pauline engage à Léo à s’avancer et le présente comme un nouvel élève potentiel qui va suivre le cours ce soir-là et il sera peut-être en mesure de les rejoindre pour le restant de l’année. Aussitôt, une nuée de murmures s’élève ponctués de rires plus ou moins étouffés. Pauline impose le silence puis demande d’un air sévère si l’une de jeunes fille a quelque chose à dire. Une adolescente, Zoé, avance que c’est un garçon et que ce cours est uniquement réservé aux filles. Une autre, regardant Léo avec agacement, ajoute que les garçons ont le terrain de foot et la salle de jeu de rôles à l’étage et que cette activité devrait leur être interdite. Léo se sent mal à l’aise, le rouge lui monte aux joues et il doit faire des efforts pour ne pas montrer son trouble. Heureusement, Pauline rétorque immédiatement qu’elle a pourtant parlé à la classe de grands danseurs comme Patrick Dupont dont elle avait présenté des vidéos avant les vacances. Mécontente, elle termine en ajoutant que cette attitude n’est pas digne de jeunes filles intelligentes. Elle les prie ensuite de s’installer à la barre en silence et invite Léo à prendre place parmi elles. Quelques regards narquois et mauvais sourires s’échangent encore parmi les ballerines jusqu’à ce que Pauline n’annonce le premier exercice.

Choix 1

Ecouter son cœur ?

Choix 2

L’avis de Pauline