Léo 12

Les parents décident pour lui

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Léo rentre chez lui, maussade et troublé. Il n’a pas ressenti ce « feu » dont parle Billy Elliot dans le film, il ne s’y attendait pas vraiment au bout d’un seul cours bien sûr mais il se sent déçu. Sans même répondre au « bonsoir, mon chéri ! » lancé par sa mère lorsqu’il arrive chez lui, il se précipite dans sa chambre, prend soin de bien fermer sa porte et se blottit dans son plaid à capuche d’oreilles de chat, sur le tapis au pied de son lit. Plus que ses débuts maladroits, ce sont surtout les chuchotements mesquins des apprenties danseuses qui l’ont déstabilisés. Si chaque séance doit se dérouler de la sorte, la danse tiendra plus du calvaire que du plaisir. Il essuie quelques larmes sans savoir s’il trouvera le courage d’y retourner la semaine suivante.


Lors du dîner, sa maman lui demande de raconter sa journée au collège et ce qu’il a fait au centre périscolaire. Ses réponses laconiques la poussent à approfondir la discussion, son fils étant d’ordinaire d’un naturel enjoué et bavard. Elle insiste donc pour savoir s’il s’est disputé avec Kylian ou s’il a eu une mauvaise note qu’ il hésite à dire. Avec réticence, tout en jetant des coups d’œil inquiets vers son père, il raconte qu’il est allé essayer un cours de danse classique dans lequel Anaïs est inscrite tant il avait été touché par l’histoire de Billy Elliot et que, même si Pauline était une professeure très attentionnée, il avait été mortifié par l’attitude des élèves, toutes plus antipathiques et désobligeantes les unes que les autres. Il ajoute qu’il voudrait vraiment faire de la danse mais qu’il préfèrerait un cours de garçons ou que certains élèves, même peu, soient des garçons. Sa mère lui répond qu’il y a peut-être des écoles dans la ville d’à côté mais qu’il faudrait se renseigner et que les inscriptions seraient sans doute bien plus chères que ce que le forfait du centre périscolaire propose. Avec un geste d’humeur, le père de Léo prend la parole d’un ton sans appel : si c’est pour dépenser de l’argent pour une activité qui le fait pleurnicher, ce n’est même pas la peine d’aller plus loin dans l’échange. Il pense lui aussi que la place de Léo n’est pas dans un cours de danse, au milieu d’un groupe de filles alors que ses camarades du même sexe se retrouvent pour profiter d’autres activités ! A son sens, il ne s’agit ni plus ni moins qu’une toquade ou un caprice d’adolescent qui passera dès qu’un autre film l’impressionnera un peu. Comprenant qu’il lui sera impossible d’argumenter, profondément blessé et malheureux, Léo peine à finir son assiette avant de regagner sa chambre tout en tentant de se convaincre de faire le deuil de son désir pourtant sincère de devenir danseur.

Choix 1

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Choix 2

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scénario par

Faustine, Zoé Lou, Manon, Noam, Leni, Elliot

avec le soutien de

Citoyenneté Active Lorraine

mise en texte

Apolline Marie HUIN

illustrations

Franck THOUVENOT