Léo

Quand on est un garçon, il n'est pas toujours simple de pouvoir faire ce que l'on veut. Surtout quand ce que l'on veut, c'est danser !

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Le samedi soir, Léo a la permission de regarder un peu la télévision avec ses parents après le dîner, si bien sûr il a déjà fait tous ses devoirs pour le lundi. C’est une tradition familiale qu’il est parvenu à faire admettre à ses parents grâce à ses bonnes notes. Ce soir-là, le choix de sa maman n’enchante guère le père qui préfère aller lire le journal dans son bureau ; Léo lui-même est un peu sceptique quant au film que la mère de famille a sélectionné. Il s’agit de « Billy Elliot », un long métrage qui raconte l’histoire d’un jeune garçon de 11 ans, comme lui, qui veut devenir danseur classique. Néanmoins, comme il apprécie beaucoup ces moments privilégiés auprès de sa maman – et le fait de se coucher un peu plus tard que d’ordinaire – il s’installe donc sur le canapé, lové dans le plaid à capuche à oreilles de chat qu’il adore. 


  Rapidement, il se prend d’intérêt pour le héros, jeune adolescent vivant dans un milieu difficile et qui essaye la danse classique un peu par hasard. Léo le trouve maladroit et même un peu ridicule au début, alors que Billy ne comprend pas les pas et se trouve perdu au milieu du groupe des filles qui connaissent déjà les attitudes et les chorégraphies. Mais lorsque le héros, encouragé par la professeure, sévère mais convaincue qu’il a des capacités, s’étire, saute, tourbillonne… Léo est fasciné, comme happé par l’histoire et par l’énergie libératrice qui se dégage de chaque mouvement. Lorsque sa maman lui demande s’il n’est pas trop fatigué et lui signifie qu’il va être l’heure d’aller au lit, il la supplie de le laisser voir le film jusqu’au bout. Il veut savoir à tout prix si Billy va réussir à continuer à danser malgré le refus catégorique de son père, malgré toute la colère qu’il a en lui, malgré toutes les épreuves que subit sa famille… Il veut savoir si ce jeune garçon, qui lui ressemble beaucoup, va devenir un vrai danseur. Attendrie, sa maman se laisse convaincre. A la fin du film, le héros parvient avec difficulté à décrire au jury du concours d’entrée de la grande école de danse de Londres ce qu’il ressent quand il danse : « C’est comme si je disparaissais… J’éprouve une sorte de feu dans tout mon corps. Je suis simplement là, je vole. Comme un oiseau… ou comme de l’électricité… » Ces paroles impressionnent Léo et font naître en lui tout un foisonnement de questions : Comment peut-on avoir la sensation de « disparaître » et « d’être là » à la fois ? Est-ce donc cela la danse ? Le héros devient si souple, léger … et courageux ! En son for intérieur, Léo se sent bouleversé sans parvenir encore à mettre de mots sur ses émotions.


Une fois dans son lit, il a des difficultés à trouver le sommeil tant il pense à ce qu’il vient de découvrir. Il finit par s’endormir en rêvant à l’histoire de ce jeune garçon qui devient un grand danseur alors que rien ne le destinait à cela. Le lendemain, au saut du lit, avant même d’aller prendre son petit-déjeuner dont l’odeur embaume déjà l’appartement, il file dans la salle de bain, ferme la porte à double tour et, face au miroir, il tente de reproduire les postures qui l’ont tellement fascinées la veille. Ce que le reflet lui renvoie n’a rien de très convaincant ; le pyjama Spiderman y est sans doute pour quelque chose, mais force lui est de constater que trouver la bonne posture n’est pas si facile.


Devant ses tartines et son chocolat chaud du dimanche matin, Léo demande à sa mère si elle peut lui prêter un peu son ordinateur dans l’après-midi afin qu’il puisse regarder des vidéos sur internet. Sa mère accepte tout en lui faisant promettre de ne pas regarder de bêtises. 


  « Danse classique » : tout un long menu s’affiche dans le moteur de recherche. Il découvre alors des extraits du « Lac des Cygnes » dansé sur la musique de Tchaïkovsky, qu’il reconnaît d’ailleurs pour l’avoir entendue dans le film, mais aussi des captures de « l’Après-midi d’un faune » dansé sur une musique de Debussy. Sa maman et son papa ont toujours écouté beaucoup de musiques et il avait déjà entendu tout cela à la radio mais sans y prêter réellement attention. Il ne savait pas que des ballets avaient été créés sur ces œuvres. Que c’est beau ! Durant plusieurs jours, il ne peut s’empêcher d’imiter ce qu’il a découvert et ne cesse d’y penser.


Léo vit dans un village hébergeant un centre périscolaire dans lequel il se rend tous les soirs après le collège pour faire ses devoirs et jouer avec ses amis. Or, cet espace propose des cours de danse classique depuis 2 ans. Jusqu’à ce jour, cette information ne l’avait pas du tout intéressé, hormis le fait que sa copine Anaïs y était inscrite et venait ensuite terminer ses devoirs avec lui. Mais, à présent… Chaque soir, il se plaît à regarder la petite affiche qui présente l’activité. Peut-être serait-ce la possibilité d’essayer en bénéficiant des conseils d’un professeur ? Il sait que son père est un peu bourru et n’est pas toujours très à l’écoute ; il doute que l’idée de voir son fils faire de la danse l’enchante beaucoup. Se risquer à lui faire part de sa passion naissante lui semble téméraire et Léo a peur de se faire rabrouer, voire moquer car son papa peut se montrer très ironique lorsque l’on ne va pas dans son sens. Peut-être pourrait-t-il juste aller voir dans la salle de danse un soir ? Comme Billy, dans le film… Juste pour regarder… Léo se laisse encore une semaine avant de prendre une décision. Mais il ne résiste pas à s’essayer aux positions de bras en couronne puis de tenter, avec un succès mitigé qui l’agace un peu, une arabesque ou quelques tours sur lui-même.

Choix 1

Léo décide de se confier sur sa passion

Choix 2

Léo décide de se rendre dans un club de danse