Ambre 2

Je pris le risque de répondre à Clara

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Entendant cette remarque mesquine et désobligeante, je m’énervai et lui répondis :


- Me saoule pas ! J’ai autant le droit d’être ici que toi !
Entourée de ses amies, toutes aussi apprêtées qu’elle, elle se mit à rire très fort afin que les autres clients du magasin remarquent la scène.
- Ici, c’est fait pour les gens qui ont de l’argent et je crois que tu en es loin ! S’écria-elle.


Elle fit ensuite semblant de ne plus me voir, attrapant plusieurs articles dans les rayons tout expliquant qu’elle allait tous les essayer et se les offrir s’ils lui convenaient. Avant de se diriger vers les cabines d’essayage, elle se retourna une dernière fois vers moi et lança : 


- Et ! La pauvresse ! Oui, toi ! Ambre ! Fais pas semblant de ne pas comprendre ! Il n’y a que toi, ici, qu’on peut appeler comme ça !!! Regarde, il y a les invendus de l’an passé à partir de 10€ ! Tu y trouveras peut-être de quoi avoir l’air moins nécessiteuse, même si c’est passé de mode… au moins, ce sera à ta taille ! 


Elle s’esclaffa comme si elle avait dit la chose la plus comique du monde. Enfin, elle finit par s’éloigner tout en continuant à rire de façon très exagérée. Ses complices riaient de concert avec elle mais, je le savais, Clara pouvait être parfois cruelle envers ces dernières si elles ne se montraient pas assez admiratives et empressées. Cette fille ne savait-elle donc faire que l’intéressante !?


Pourtant, au début du collège, nous nous entendions bien. C’est à partir du moment où ma famille a commencé à avoir des problèmes, après le licenciement de mon père, et que nous avons dû déménager dans des logements sociaux, qu’elle est devenue méchante avec moi. Comme je ne pouvais plus aller dans les boutiques avec elle, parader dans de beaux vêtements ou parler des cadeaux que j’avais reçus à mon anniversaire ou à Noël, j’étais devenue invisible à ses yeux. Elle n’avait plus jamais voulu venir chez moi après les cours comme si m’accompagner dans notre nouvel appartement lui faisait honte. Je crois qu’elle n’a même pas voulu savoir que mon père était mort en avril dernier. Ce genre de choses se savent pourtant rapidement dans un collège, surtout lorsque l’on est dans la même classe. Cette situation me pesait déjà énormément à l’époque de notre déménagement, mais, depuis la mort de mon père, c’est encore pire car la peine se mêle au sentiment d’exclusion.

Choix 1

La fierté me submergea

Choix 2

Vexée, je réagis en conséquence