Ambre 10

Le dialogue

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Le travail en binôme débuta tant mal que bien. Au bout d’une dizaine de minutes, Clara fit une première remarque humiliante, assez fort pour que les groupes d’élèves voisins entendent : 


- Tes chaussures, c’est la mode 2007 ?
- Ca te sert à quoi de te moquer de moi comme ça ? Si tu étais à ma place, tu n’aimerais pas qu’on te fasse toutes ces réflexions !


Je lui dis que j’aimerais que nous nous expliquions calmement entre nous, qu’elle ne savait pas tout ce que je vivais et que, si son père à elle était mort, elle ne réagirait sans doute pas de la sorte. Elle parut choquée par ce que je venais de lui apprendre et elle ne me fit plus de remarques de toute la journée. Après les cours, elle m’attendit à la sortie du lycée et je la vis demander à ses copines de partir sans elle.


Avec un air un peu buté, sur la défensive, elle me demanda sur un ton qui se voulait en adéquation avec ses habitudes :


- Alors ? Tu voulais me dire quoi ?

- Apparemment, tu n’as pas su mais… mon père est mort en avril dernier, dans un accident de voiture, et depuis ma mère a dû trouver deux emplois. Tu penses que je suis contente de ne pas avoir de nouveaux vêtements pour la rentrée et de me faire insulter parce que ma mère n’a pas assez d’argent pour acheter de la nourriture et nous rhabiller mon frère et moi ? Brian a même dû trouver un petit job pour pouvoir s’acheter ses livres de cours : il travaille chez une dame qui a un garage automobile tous les soirs. Avant, on était copines… Si tu veux, tu pourrais venir dormir à la maison le week-end prochain, comme on faisait avant que je déménage. Tu verras comment je vis et peut-être que tu comprendras avant d’être aussi méchante. 


  A mon grand étonnement, Clara accepta immédiatement. Nous passâmes donc le samedi et le dimanche suivants chez moi comme à l’époque où nous étions amies. Elle se rendit compte ce à quoi moi, mon frère et ma mère étions confrontés, à tous les problèmes liés à la pauvreté. Effectivement, nous avions dû revendre la télévision, la console de jeux, ma mère avait dû renoncer à avoir une voiture et nous ne mangions que des choses très simples. Mais nous étions ensemble et elle prit conscience à quel point ma maman était courageuse et faisait le maximum pour subvenir à nos besoins malgré nos difficultés.


  Suite à ces deux jours passés ensemble, Clara commença à s’intéresser à nouveau à moi, à me parler gentiment et à m’intégrer dans son groupe d’amies. Elle cessa ses remarques blessantes à l’encontre des plus démunis et repris même durement ses copines quand celles-ci se moquèrent d’un sans-abri que nous croisions souvent en rentrant du lycée. Petit à petit nous sommes devenues les meilleures amies du monde.

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scénario par

Pauline, Jules, Alice, Justin, Charlotte, Guillaume

avec le soutien de

ATD Quart Monde

mise en texte

Apolline Marie HUIN

illustrations

Franck Thouvenot